
Un certificat de dépôt de capital, c'est une page. Une seule feuille PDF, et pourtant rien n'avance dans une création de SASU tant qu'elle n'est pas signée par la banque. Pas de Kbis sans elle, pas de compte bancaire pro définitif, pas de premiers contrats facturés au nom de la société. Pour un entrepreneur en SASU qui vient de la micro-entreprise, cette étape a quelque chose d'absurde vu de loin, et de franchement stressant vu de près.
Quand on vient du régime micro-entrepreneur, ce genre de formalité bancaire n'existe tout simplement pas : on facture, on paie ses cotisations, terminé. J'ai voulu comprendre la mécanique avant de m'y mettre, un après-midi à la Bibliothèque Villon, à Rouen, en épluchant sur mon téléphone les articles du Code de commerce directement sur Légifrance. Mauvaise pioche : le langage juridique ne dit jamais dans quel ordre remplir les cases, ni quelle plateforme choisir pour aller vite.
Le certificat de dépôt de capital qui débloque tout
Ce document prouve que l'argent annoncé dans les statuts existe vraiment, sur un compte bloqué au nom de la société en formation — sans lui, pas de Kbis, le greffe ne transige pas là-dessus. Le montant exact à réunir et la part à verser tout de suite dépendent de ce qui est écrit dans les statuts, un sujet que je laisse à des notes plus complètes sur leur rédaction. Ce qui compte ici, côté dépôt, c'est la mécanique : le compte reste bloqué jusqu'à l'immatriculation, et c'est cette mécanique-là qui bloque tout le reste si elle traîne.

La SASU se distingue d'une SAS classique par un point qui simplifie justement le dépôt : un seul associé, donc un seul signataire à convaincre, sans pacte à négocier avec personne d'autre.
Banque de quartier ou plateforme en ligne : comment trancher ?
Deux options se présentent, et elles ne jouent pas dans la même catégorie. La banque de quartier demande souvent un rendez-vous physique, parfois deux, avec un délai qui n'a rien d'immédiat pour un compte qui, de toute façon, restera bloqué jusqu'au Kbis. Les plateformes de création en ligne promettent un certificat en un temps nettement plus court, sans déplacement. Pour trancher, je regarde trois choses avant de me décider : le délai annoncé pour recevoir le certificat, la clarté des pièces demandées dès le départ, et la facilité à joindre quelqu'un si un document coince. C'est ce genre de critère qui m'a fait creuser comment choisir la meilleure banque pro pour sa SASU en freelance, parce que le compte qui reçoit le capital débloqué finit souvent par devenir le compte courant professionnel du quotidien.
Vérifier l'agrément avant d'envoyer le virement
Un point à ne jamais sauter : l'établissement qui reçoit votre capital doit être agréé par le régulateur bancaire français, l'ACPR pour les intimes des acronymes. Sans cet agrément, le certificat ne vaudra rien pour le greffe, et vous vous retrouvez avec de l'argent parti nulle part et un dossier qui n'avance pas d'un pouce. Avant de valider quoi que ce soit, je vérifie systématiquement cette accréditation, même quand la plateforme a l'air sérieuse et le site bien fait. Un site soigné ne dit rien sur qui a le droit de délivrer un certificat de dépôt recevable par le greffe.
Ce que les statuts doivent dire à la lettre
La banque ne se contente pas du virement : elle veut les statuts, et elle les lit avec une attention que peu de gens anticipent. Une adresse mal recopiée, un objet social flou, un nom de société qui diffère d'une lettre entre le virement et le projet de statuts, et le dossier repart pour un tour. Mieux vaut vérifier ligne par ligne avant tout envoi, pas seulement l'objet social, mais l'adresse elle-même, qui doit correspondre exactement partout où elle apparaît. La signature électronique a changé la vie sur ce point précis : plus de courrier recommandé, juste un code reçu par SMS, mais elle ne pardonne pas plus qu'un stylo une erreur de frappe.

Yasmine, une consultante SEO que j'ai croisée en coworking, jongle depuis des années entre plusieurs structures selon les missions qu'elle décroche. Elle le dit sans détour : la paperasse qui bloque le plus souvent, ce n'est jamais l'argent, c'est un détail mal recopié quelque part dans les statuts.
Quand le dépôt en ligne montre ses limites
Tout ça fonctionne bien pour une situation simple : un seul apport en numéraire, un seul associé, rien d'autre à déclarer. Les choses se corsent avec un apport en nature, du matériel informatique par exemple, qu'on veut intégrer au capital plutôt que payer cash. Les plateformes standardisées ne sont pas toujours taillées pour ce genre de dossier, et un commissaire aux apports peut devenir nécessaire selon ce qui est concerné. Pour une situation de ce type, ou pour toute question fiscale qui dépasse le simple dépôt, rien ne remplace l'avis d'un professionnel — je ne suis qu'un développeur qui raconte ce qu'il a vécu, pas un comptable.
Joris, un graphiste installé dans l'Orne qui m'avait écrit après un fil LinkedIn sur le sujet, m'a un jour demandé si le dépôt de capital changeait selon qu'on soit imposé à l'IS ou à l'IR. Question à part entière, qui mériterait sa propre réponse détaillée, mais qui montre bien à quel point les sujets s'emmêlent dans la tête d'un débutant.
Du certificat au Kbis, puis au guichet unique
Une fois le certificat reçu par mail, le dossier complet part vers le guichet unique pour l'immatriculation. Les frais à ce stade restent modestes comparés à ce qu'on imagine avant de s'y mettre, même s'ils s'additionnent avec d'autres petites dépenses qu'on découvre en chemin. Le jour où l'expert-comptable m'a confirmé au téléphone que le dossier tenait la route, j'ai raccroché et laissé mon regard traîner dehors un long moment, sans trop y croire encore.

Le Kbis en poche, la banque a un délai fixé pour débloquer les fonds vers le compte courant professionnel définitif — comptez quelques jours ouvrés, pas des semaines. C'est aussi le moment où la question de la domiciliation du siège social redevient concrète : l'adresse indiquée sur les statuts doit être celle qui figure sur le Kbis, sans surprise de dernière minute. J'avais creusé ce point dans mes notes sur quels outils pour fermer sa micro-entreprise et lancer sa propre SASU, parce que la transition ne se limite jamais au seul virement du capital.
Un critère résume tout : plus la situation est simple — un apport en cash, un seul associé, une adresse stable — plus le dépôt en ligne est la voie la plus rapide et la moins coûteuse en énergie. Dès qu'un apport en nature, une levée de fonds ou une question fiscale pointe le bout du nez, mieux vaut ralentir et demander un avis extérieur avant de cocher la case de validation. Pour ceux qui hésitent encore sur la méthode globale, mon avis sur les plateformes de création de SASU en ligne détaille un peu plus les coulisses de ces services.
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