Après le Kbis

Mon avis sur les plateformes de création de SASU en ligne

Douze onglets ouverts dans le navigateur, et pas deux avis qui se recoupaient. Je comparais les options pour une création de SASU, quelque part entre l'avocat hors budget et la plateforme qui promet tout gratuitement sauf l'abonnement caché. L'entrepreneuriat en France a ceci de particulier : personne ne vous dit clairement par où commencer, et chaque site a un avis différent sur la meilleure plateforme.

Avant d'aller plus loin, un mot sur la transparence : ce site contient des liens affiliés, et si vous passez par l'un d'eux, je touche une commission sans que votre prix change. Je ne recommande que ce que j'ai utilisé pour ma propre société, le guide dont je parle plus bas en fait partie. Et je précise d'entrée : je suis développeur, pas juriste. Ce qui suit, c'est un retour d'expérience, pas un conseil professionnel, pour les situations qui sortent de l'ordinaire, direction un avocat ou un expert-comptable.

Avocat, plateforme automatique : deux extrêmes pour créer sa SASU

D'un côté, des cabinets qui demandent plus de mille euros pour des statuts types, sans grande adaptation à votre cas, la France adore facturer sur-mesure ce qui est, au fond, un formulaire standard. De l'autre, des plateformes automatisées qui vendent une création soi-disant gratuite, avant de vous accrocher un abonnement de gestion mensuel dont vous n'avez pas forcément besoin la première année. Entre les deux, rien. Ou plutôt si — mais il fallait le trouver.

Je sortais tout juste du régime de micro-entrepreneur, plafond de chiffre d'affaires dépassé sans que j'aie vraiment vu venir le mur, un sujet que j'ai creusé ailleurs, donc je ne m'attarde pas ici. Sur le moment, il fallait juste trouver une troisième voie : comprendre ce que je signais sans y passer un mois de nuits blanches ni un budget de PME.

Écran d'ordinateur affichant un projet de statuts juridiques pendant la création d'une SASU

Un guide qui explique, pas un formulaire qui remplit

Le tournant, ça a été de tomber sur SAS-SASU Le Tout-en-un. Pas une usine à clics où on remplit des cases sans comprendre ce qu'on signe, plutôt un guide qui prend le temps d'expliquer la différence entre l'objet social et les statuts, sans jargon d'expert-comptable pour noyer le poisson.

Sur le capital social minimum, je ne m'étends pas ici, ça mérite son propre article ; retenez juste qu'il reste symbolique en SASU, pas de quoi freiner qui que ce soit. Même chose pour la rédaction des statuts en elle-même, sujet assez dense pour un article à part : disons que le guide m'a évité d'avancer à l'aveugle sur des clauses que je ne maîtrisais pas. Ce qui m'a rassuré, en revanche, c'est d'être tombé sur le coût réel de création d'une SASU sans comptable, détaillé quelque part plutôt que découvert au fil de l'eau.

Le conseil d'un ami qui ne collait pas à mon cas

Avant de trouver le guide, j'avais fait l'erreur classique : me fier au conseil d'un pote freelance qui venait de créer sa société en EURL. Sauf que ses raisons à lui, associé potentiel plus tard, besoins de financement différents des miens, n'avaient rien à voir avec ma situation de développeur solo qui facture depuis son bureau. J'ai perdu du temps à explorer cette piste avant de me rendre compte que la structure ne collait pas du tout à mon cas.

Le mail est arrivé sans prévenir, objet froid et administratif : numéro SIREN attribué, c'était bien le nom de ma société qui était écrit dessus, pas le mien. Ça a mis un point final aux hésitations sur la structure : j'étais passé de l'autre côté, celui où le formulaire M0 n'est plus une hypothèse mais une pièce du dossier à remplir sans erreur, sous peine de rejet. Je me souviens d'avoir cherché la case objet social un bon moment, les épaules crispées, avant de la trouver et de la cocher correctement.

Mains d'un entrepreneur remplissant le formulaire M0 pour la création de son entreprise

Piloter ses statuts ou les déléguer ?

Sur ce point-là, Le Tout-en-un a un vrai avantage : il couvre la rédaction, les formalités et une bonne partie des questions de gestion d'entreprise et de fiscalité, sans faire l'impasse sur les explications. Je ne vais pas rentrer dans le détail du taux d'impôt sur les sociétés ici, ni dans le choix entre IS et IR, ce sont des sujets à eux seuls, mais comprendre grossièrement comment ça fonctionne avant de signer quoi que ce soit change la façon dont on aborde son premier bilan.

Sur la forme juridique elle-même, mon comparatif SAS vs SASU reste distinct de celui du guide, pour moi, seul aux commandes, la SASU s'est imposée assez vite, la rémunération du président suivant une logique à part que je n'aborde pas ici. Nathan, un ami de lycée reconverti développeur et à son compte du côté de Caen, fonctionne à l'inverse, il prend l'abonnement annuel direct sur n'importe quel outil, sans jamais tester avant. Ça lui va très bien, il n'a juste pas le même besoin de tout comprendre en détail. Moi, avec des statuts et une structure qui m'engagent sur plusieurs années, tester avant de signer n'était pas négociable.

Bureau d'entrepreneur avec une pièce d'un euro illustrant le capital social lors de la création d'une SASU

Ce qu'il a fallu cocher avant le Kbis

Entre l'annonce légale, le dépôt de capital et le dossier au greffe, chaque étape semblait être une montagne avant de s'y mettre. Dans les faits, tout s'est enchaîné sans anicroche une fois le dossier complet, dépôt de capital en ligne compris, sans mettre un pied en agence bancaire.

Reste la question du statut social, une fois la société lancée : le régime social du président de SASU dès les débuts d'activité, un sujet qui mérite sa propre lecture tant les ramifications sont nombreuses.

Entrepreneur soulagé consultant son téléphone après avoir reçu le Kbis de sa SASU

Quelle option vous correspond ?

Si vous avez le budget et zéro envie de comprendre le fonctionnement de votre propre société, un avocat fera le travail à votre place, point final. Si vous voulez aller vite sans vous poser de questions, une plateforme automatisée fonctionne aussi, tant que vous surveillez l'abonnement qui suit. Mais si vous voulez piloter votre boîte sur la durée, et pas juste la première année, le guide SAS-SASU Le Tout-en-un reste, à mes yeux, la meilleure porte d'entrée.

Pour ceux qui ne sont pas seuls sur le projet, la donne change encore : la question du pacte d'associés prend le pas sur tout le reste, sujet qui sort largement du cadre de cet article. Et pour qui touche encore une allocation de France Travail au moment de se lancer, le cumul avec la rémunération mérite sa propre réflexion, du cas par cas plutôt qu'une règle générale. Dans mon cas, seul aux commandes, la clarté valait largement les quelques soirées passées à tout relire, et c'est sans doute le seul critère qui compte avant de choisir un outil : est-ce qu'il vous laisse comprendre ce que vous signez, ou pas.

Veuillez noter :
Ce site est publié à des fins d'information et de divertissement uniquement. Je ne suis ni médecin, ni conseiller financier, ni avocat. Demandez l'avis d'un professionnel avant de prendre toute décision relative à votre santé ou à vos finances.

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