Après le Kbis

Quel est le régime social du président de SASU en début d'activité

Je raccroche, et je laisse passer un silence avant de reprendre mes notes. L'expert-comptable vient de confirmer que mon dossier tient la route côté cotisations, la première fois qu'on me répond ça sans me renvoyer vers autre chose. Le régime social du président de SASU se décide dès la création d'entreprise, bien avant le premier euro de chiffre d'affaires : charges sociales, niveau de protection, un statut qui n'a presque rien à voir avec celui d'un micro-entrepreneur ou d'un gérant de SARL classique.

Précision avant d'aller plus loin : cet article contient un lien affilié vers le guide que j'ai utilisé pour structurer ma propre SASU. Si vous achetez via ce lien, je touche une commission, sans que ça change votre prix. Je ne suis ni expert-comptable ni avocat — juste un développeur qui a dû comprendre tout ça seul, un peu à la dure.

Le régime social du président de SASU, concrètement

Concrètement, en tant que président de SASU, vous dépendez du régime général de la Sécurité sociale — le même que celui d'un salarié classique, ou presque. Ça veut dire une protection maladie correcte, une retraite qui se construit, une couverture proche de celle d'un cadre. La grosse différence, et elle pèse lourd : pas de droit au chômage. Si la société s'arrête, France Travail — l'ex-Pôle Emploi, toujours aussi bien nommé — ne vous doit rien.

Simulateur de charges sociales à l'écran pour un président de SASU en début d'activité

Avant la SASU, j'étais passé par la case micro-entrepreneur, et ce basculement mérite un article à lui seul : je raconte pourquoi j'ai fini par changer de statut dans Pourquoi j'ai quitté le statut micro-entrepreneur pour la SASU en freelance, sans reprendre tout le détail ici. Le choix entre SAS et SASU comme forme juridique, c'est encore un autre débat, sur lequel je me suis penché ailleurs plus longuement.

Combien coûte réellement un salaire de président ?

Combien ça coûte, un salaire de président de SASU ? C'est souvent la question qui fait déchanter. Le taux de cotisations sociales sur un salaire net tourne autour de 80 %, oui, quatre-vingts. Pour verser ne serait-ce qu'un petit salaire net, la société doit sortir une somme nettement plus grosse une fois qu'on ajoute les charges patronales et salariales. On est loin du régime de travailleur non salarié d'une EURL, où les cotisations restent sensiblement plus légères pour un revenu comparable.

Ce chiffre-là, personne ne me l'avait donné clairement au départ. Avant de tomber sur quelqu'un qui prenait le temps d'expliquer, j'avais contacté un comptable qui renvoyait chaque question vers une mission facturée à part. La bureaucratie française a ce petit talent de rendre payant ce qui devrait tenir en une phrase. Résultat : j'ai fait les calculs moi-même, simulateur en ligne et beaucoup de patience.

Zéro salaire ne veut pas dire zéro conséquence

Autre particularité de la SASU : si vous ne vous versez aucun salaire, vous ne payez aucune cotisation minimale. Rien du tout. Contrairement au régime TNS, où un forfait minimum tombe même sans chiffre d'affaires, la SASU laisse une vraie marge de manœuvre en tout début d'activité. Ça soulage la trésorerie les premiers mois, sans discussion possible.

Le revers, lui, arrive discrètement : pas de salaire, c'est zéro protection sociale et zéro trimestre de retraite validé sur l'année. Si vous touchez encore l'allocation de retour à l'emploi, ne pas vous rémunérer peut justement être la bonne décision — ça conserve vos droits au chômage intacts pendant que la société démarre. C'est un arbitrage à faire au cas par cas, pas une règle universelle.

Et si vous touchez déjà une retraite ?

Il y a un profil dont on parle peu : les dirigeants de SASU qui perçoivent déjà une pension de retraite. Pour eux, le régime général classique tombe un peu à côté de la plaque. Le cumul emploi-retraite impose des plafonds de revenus, et cotiser à nouveau sur un salaire de président ne crée pas forcément de nouveaux droits, sauf cas particuliers liés aux dernières réformes.

Documents juridiques de création d'entreprise consultés par un dirigeant de SASU

On appelle ça la cotisation de solidarité : on paie, mais on n'engrange rien de plus derrière. Dans cette situation précise, la stratégie des dividendes prend tout son sens, puisque l'objectif n'est plus de construire une protection qu'on a déjà, mais de limiter la note fiscale.

Choisir entre salaire et dividendes pour valider ses trimestres

Valider ses quatre trimestres de retraite dans l'année dépend d'un seuil précis, même si le calcul paraît technique au premier abord : il faut atteindre une rémunération autour de 600 fois le SMIC horaire brut, cumulée sur douze mois. En dessous, pas de trimestre validé, même si vous avez cotisé un peu dans l'année.

Les dividendes, eux, suivent une autre logique : la fameuse Flat Tax, ou prélèvement forfaitaire unique, autour de 30 %. C'est simple à calculer, mais ça ne construit ni couverture santé ni retraite. La question de l'impôt sur les sociétés face à l'impôt sur le revenu mérite aussi son propre chapitre, que je ne rouvre pas ici.

Pour structurer tout ça sans y passer des soirées entières, j'ai fini par m'appuyer sur un guide qui rassemble la création et la gestion au même endroit plutôt que de courir après dix sources différentes : SAS-SASU LE TOUT-EN-UN. Ce n'est pas un accompagnement personnalisé — pour les cas particuliers, un professionnel reste nécessaire — mais pour poser les bases sans jargon d'expert-comptable, ça a fait le travail pour moi.

Mains consultant un guide pratique sur le régime social et la création d'une SASU

Autre paramètre qui joue, de façon plus indirecte : le capital social de la SASU et la manière dont les statuts sont rédigés, un sujet que j'ai traité à part dans Comment rédiger ses statuts de SASU seul quand on est développeur. La mécanique précise pour fixer le montant de sa rémunération, elle, appartient à un autre morceau du sujet, que je laisse de côté ici.

L'ACRE peut alléger la facture des débuts

L'ACRE mérite une mention à part : cette exonération partielle de certaines cotisations pendant les douze premiers mois peut vraiment donner de l'air à une jeune SASU, sous réserve de remplir les conditions de revenus. Les frais d'immatriculation, eux, sont un autre morceau du budget de départ. J'en parle plus en détail ailleurs, ce n'est pas le sujet ici.

Ce qu'il faut retenir avant de se lancer

Six ans après avoir basculé, la chose qui n'a pas changé, c'est que le régime social du président de SASU se pilote plutôt qu'il ne se subit. Si vous avez besoin de protection tout de suite - santé, retraite, un vrai statut - le salaire reste l'outil le plus direct, même avec son coût en cotisations. Si vous touchez déjà une pension, ou que vous protégez des droits au chômage encore actifs, les dividendes ou l'absence de rémunération peuvent avoir plus de sens.

Reste que la paperasse se traverse plus facilement avec une base solide dès le départ. Si vous cherchez un point de départ clair plutôt que dix onglets ouverts en même temps, le guide SAS-SASU LE TOUT-EN-UN reste celui que j'ai utilisé, et il évite pas mal de détours inutiles.

Veuillez noter :
Ce site est publié à des fins d'information et de divertissement uniquement. Je ne suis ni médecin, ni conseiller financier, ni avocat. Demandez l'avis d'un professionnel avant de prendre toute décision relative à votre santé ou à vos finances.

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