Après le Kbis

Créer une sasu avec l'acre pour sécuriser son lancement en freelance

Payer les charges sociales à taux plein dès le premier mois ou les payer à moitié pendant un an : ce n'est pas un détail de gestion d'entreprise, c'est souvent ce qui décide si la création d'une SASU en freelance tient la route ou coule dans l'année. Beaucoup de futurs présidents s'imaginent que l'ACRE, une fois le bon statut juridique choisi, efface le problème pour de bon, comme un double vitrage qui couperait le bruit de la rue pour toujours. En réalité, l'ACRE baisse le son pendant une année, pas plus, et le jour où elle s'arrête, le bruit revient d'un coup si personne n'a rien prévu.

Ça a l'air d'un détail de comptable, mais ça change toute la manière d'aborder la création d'une SASU. Je ne suis ni comptable ni avocat, juste un développeur freelance près de Rouen qui a quitté le régime de micro-entrepreneur pour se lancer en société tout seul, avec un plafond de chiffre d'affaires qui menaçait d'exploser plus vite que prévu. Ce texte n'est pas un mode d'emploi complet ; c'est la correction d'un malentendu qui coûte cher à pas mal de monde autour de moi.

L'ACRE n'efface pas les charges, elle les repousse

L'ACRE, en pratique, c'est une réduction des cotisations sociales pendant la première année d'activité, pas un renoncement de l'URSSAF à percevoir quoi que ce soit. En SASU, le président a le statut d'assimilé salarié, une mécanique qui protège bien mais qui coûte cher à la société — l'ACRE vient justement alléger cette facture le temps de démarrer. Et si, comme moi, vous touchiez l'ARE avant de vous lancer, il existe une façon de cumuler les deux sans vous verser de salaire tout de suite, mais creuser ce sujet mériterait un article à lui seul.

Signature des statuts lors de la création d'une SASU par un freelance

Pourquoi choisir la SASU comme statut juridique quand on est freelance ?

La SASU, pour la définir vite fait, c'est une société à associé unique avec un président assimilé salarié, le match complet contre la SAS classique, je le laisse à un autre article parce que ça mérite plus qu'un paragraphe. Rédiger les statuts n'a pas été une partie de plaisir : passer par une plateforme de création en ligne aide, mais il faut quand même remplir soi-même le dossier au Guichet Unique de l'INPI, et je me souviens des épaules un peu crispées à force de chercher la bonne case pour l'objet social, comme si le formulaire attendait que je me trompe. Avant de valider quoi que ce soit, il y a aussi l'étape du capital social à régler ; d'ailleurs, réussir son dépôt de capital social en ligne pour sa création de SASU est sans doute le moment où le projet devient concret.

J'aurais pu apporter mon matériel existant plutôt que du cash pour constituer ce capital, mais j'ai préféré garder les choses simples cette fois-là. Question frais, l'immatriculation en elle-même reste raisonnable : la vraie dépense arrive après, dans la gestion courante. Le siège social, je l'ai fixé chez moi, à Rouen, ce qui soulève sa propre série de questions que je n'aborde pas ici.

Garder son ARE plutôt que se précipiter sur un salaire

Le vrai levier, pour moi, ç'a été de ne pas me verser de salaire les premiers mois et de garder mon ARE intacte. Se rémunérer ou non en tant que président reste un choix personnel, avec ses propres conséquences sur les droits sociaux, un sujet que je ne vais pas trancher ici tant il dépend de chaque situation. L'argent qui entre reste dans la société, ce qui a du sens tant qu'on n'a pas de compte professionnel digne de ce nom pour le loger correctement, j'ai fini par en ouvrir un, et le jour où le conseiller bancaire m'a appelé « monsieur le président » sans ciller, j'ai eu un sourire idiot que je n'ai pas réussi à cacher.

Notes sur la fiscalité et la gestion d'entreprise d'une SASU freelance dans un bureau organisé

Le jour où les cotisations reviennent à taux plein

C'est là que le malentendu fait le plus mal. Beaucoup de freelances passent leur première année à calculer leur rentabilité avec des charges allégées, puis oublient que ce niveau ne va pas durer indéfiniment. Le réveil, une fois l'exonération terminée, peut être rude si rien n'a été mis de côté avant. Ajoutez à ça la fiscalité de la société, la SASU tombe par défaut sous l'impôt sur les sociétés plutôt que sur le revenu, avec ses propres règles que je préfère laisser à un comptable plutôt que de vous donner un chiffre que je formulerais mal, et l'assujettissement à la TVA qui change la manière de facturer et d'acheter, et on comprend vite pourquoi il vaut mieux constituer une réserve de trésorerie pendant que les cotisations sont encore basses.

Mon conseil, si vous me demandez : ne considérez jamais le solde du compte pro comme de l'argent de poche, une bonne partie appartient déjà, virtuellement, à l'URSSAF de l'année suivante.

Freelance analysant son tableau de bord d'activité après la création de sa SASU

Un comptable ne suffit pas à tout régler tout seul

J'ai essayé, au début, de contacter un comptable pour des questions ponctuelles, et chaque fois, la réponse revenait à me proposer une mission payante plutôt qu'une réponse simple. Ça m'a appris qu'il fallait d'abord comprendre les bases moi-même avant de payer quelqu'un pour poser les bonnes questions. La SASU vient avec de vraies obligations comptables, plus lourdes que la simple déclaration de chiffre d'affaires d'un micro-entrepreneur, et déléguer cette partie à des outils ou à un professionnel reste sensé, mais ça ne remplace pas le fait de savoir ce qu'on signe.

Un copain à moi passe ses dimanches à rouler sur les pistes cyclables de la vallée du Cailly et me trouve un peu fou de préférer les statuts et les relevés URSSAF à un vélo, et il n'a peut-être pas tort certains soirs. Si vous montez le projet à plusieurs, il y a tout un pan sur le pacte d'associés qui ne me concernait pas en tant que SASU en solo, mais qui mérite d'être regardé de près si vous n'êtes pas seul sur le projet. Et question protection, une fois la structure posée, j'ai dû me pencher sur choisir une prévoyance pour président de SASU afin de sécuriser ses revenus, parce que l'ACRE ne couvre pas un pépin de santé.

Question outils, plutôt que de tout bricoler sous Excel, j'ai fini par regarder quel pack de création SASU choisir pour déduire ses frais de matériel, parce que c'est un des vrais avantages de la société face à la micro-entreprise, encore faut-il des factures propres et une gestion carrée pour en profiter. La règle que je retiens, très concrètement : l'ACRE n'est pas une fin en soi, c'est une année de répit pour construire une réserve et mieux comprendre sa propre gestion d'entreprise avant que les compteurs ne repartent à taux plein. Ce texte reste mon expérience de terrain, pas un avis de comptable ou d'avocat. Pour tout ce qui engage vraiment votre avenir, un professionnel qualifié reste le bon interlocuteur.

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