
Je recompte les pièces de mon dossier de création de SASU pour la troisième fois avant de tout charger sur le site de l'INPI, un deuxième onglet ouvert à côté qui promet de régler mes formalités administratives à ma place en quelques minutes. Développeur freelance jusque-là, j'avais espéré rester en micro-entreprise en croisant les doigts pour ne pas dépasser le plafond — un seul contrat a suffi à faire sauter ce calcul. Restait à réunir les bons papiers : les statuts de la société, le capital, l'annonce légale, le dossier du Guichet Unique. Deux chemins permettent d'y arriver, et ce texte les met côte à côte.
Deux façons d'assembler le même dossier
Simon, un ancien collègue passé par le salariat avant de se mettre à son compte, tient une feuille de calcul où il compare chaque démarche administrative avant de trancher — statuts, banque, assurance, tout y passe. Sa méthode a quelque chose de rassurant : un dossier de SASU, ça tient en une poignée de pièces, mais chacune peut se monter de deux manières, seul ou avec de l'aide.
Une lectrice du site, Loane, illustratrice installée en Bretagne, m'a écrit l'an dernier pour poser exactement cette question : fallait-il tout rédiger elle-même ou passer par une plateforme de création en ligne qui dépose le dossier contre quelques dizaines d'euros. Elle voulait comprendre le mécanisme avant de choisir, pas juste cocher une case — et c'est d'ailleurs le seul bon réflexe ici.

Rédiger ses statuts seul
Les statuts restent le cœur du dossier, quel que soit le chemin choisi — c'est le document qui donne sa forme juridique à la Société par actions simplifiée unipersonnelle, et qui change vraiment la donne par rapport au statut de micro-entrepreneur. On y fixe le nom de la société (à vérifier avant de s'attacher à quoi que ce soit), l'objet social, mieux vaut le voir large dès le départ pour ne pas se retrouver coincé si on ajoute du conseil ou de la formation dans deux ans, c'est tout l'enjeu de bien choisir l'objet social pour sa SASU de développement informatique en solo, le siège social, et le capital.
Mon siège social tourne depuis mon bureau, à domicile ; c'est autorisé un moment, tant qu'on ne reçoit pas de clients chez soi, et ça évite une dépense de bureau dont on n'a pas besoin au démarrage. La rédaction fine des clauses plus pointues, propriété intellectuelle, transfert d'actions si un associé entre un jour, c'est un sujet que j'ai déjà traité à part, je n'y reviens pas ligne par ligne. Ce qui mérite d'être su au moment de monter le dossier, c'est que si vous apportez du matériel au capital plutôt que du cash, cette évaluation en nature engage votre responsabilité, et selon le cas, un tiers peut devoir valider le chiffre — une case à cocher avant de signer, pas après.
Le dépôt de capital ne se délègue pas
Une fois les statuts prêts, mais pas encore signés définitivement, il faut passer par la banque, et ça, aucune plateforme ne le fait à votre place. On ouvre un compte professionnel, on y dépose le capital, et l'établissement remet une attestation de dépôt des fonds, un papier qu'on garde précieusement puisqu'il prouve que l'argent reste bloqué jusqu'à l'obtention du Kbis.
C'est le moment où le choix entre faire seul et déléguer s'efface un peu. Qu'on ait rédigé ses statuts en solo ou via un service, c'est toujours vous, en personne, qui devez vous présenter avec vos papiers d'identité et cette attestation en main. Simon avait noté ça dans sa feuille de calcul : sur cette ligne précise, gagner du temps ne coûte rien de plus, puisqu'il n'y a tout simplement rien à déléguer.
Annonce légale et Guichet Unique : deux vitesses possibles
Avant de toucher au site de l'INPI, il faut publier un avis de constitution dans un journal d'annonces légales. C'est un document court, payant sans être ruineux, qui résume l'identité de la société — vous recevrez en retour une attestation de parution à garder pour le dossier final.
Le Guichet Unique centralise tout, et c'est précisément là que la délégation prend tout son sens. Monter seul ce dossier veut dire scanner proprement chaque pièce — statuts signés, attestation de dépôt de capital, attestation de parution, déclaration de non-condamnation, justificatif de domicile — et remplir un formulaire qui a, de mémoire, ses sautes d'humeur. Une plateforme de création en ligne reprend ces mêmes pièces et les dépose à votre place, contre les quelques dizaines d'euros dont parlait Loane plus haut. Pour avancer seul sans se planter sur les champs, il y a des pistes pour naviguer sur le guichet unique pour créer sa SASU sans erreurs, et pour carrément passer la main, un service pour déléguer l'immatriculation de sa SASU sans se ruiner fait ce travail-là.

Le Kbis en main, qui a vraiment gagné du temps ?
Quand mon expert-comptable a confirmé par téléphone que le dossier était complet, j'ai raccroché et laissé mon regard filer par la fenêtre, où la lumière du matin filtrait encore entre les lames des stores à moitié relevés. Le Kbis est tombé par mail quelques jours plus tard. C'est la carte d'identité de l'entreprise, celle qui débloque le compte bancaire définitif et permet de signer les premiers contrats en tant que société plutôt qu'en tant que freelance. Sa durée de validité est limitée, et on finit par en retélécharger une version fraîche plus souvent qu'on ne l'imagine.
Entre les deux chemins, voici ce que je retiendrais si c'était à refaire. Montez le dossier seul si votre situation reste simple — SASU solo, objet social clair, pas d'apport en nature compliqué — et si vous avez quelques soirées à y consacrer plutôt qu'à coder. Passez par une plateforme ou un service si le temps presse, si votre dossier a des subtilités, ou si l'idée de rater un champ sur le Guichet Unique vous angoisse plus qu'elle ne vous amuse. Les deux mènent au même Kbis ; seule la route change.
Je ne suis ni avocat ni expert-comptable, seulement un développeur qui a appris cette paperasse sur le tas. Pour les clauses un peu spécifiques ou les montages plus complexes, un professionnel reste le bon réflexe — pas une feuille de calcul, même celle de Simon.
Ce site est publié à des fins d'information et de divertissement uniquement. Je ne suis ni médecin, ni conseiller financier, ni avocat. Demandez l'avis d'un professionnel avant de prendre toute décision relative à votre santé ou à vos finances.