Après le Kbis

Mon expérience avec le commissaire aux apports pour ma SASU de dev

Combien vaut le vieux MacBook qui traîne sous votre bureau, le jour où il doit entrer dans le capital d'une SASU ? Pas de réponse automatique, et pourtant cette question décide si un commissaire aux apports devient obligatoire avant la création de la SASU, entre apport en nature et gestion d'entreprise version sérieuse pour un statut de freelance qui change de dimension.

Précision avant d'aller plus loin : ce site vit de liens affiliés, une commission si vous achetez via l'un d'eux, sans supplément pour vous. Je ne pointe que vers ce que j'ai testé pour de vrai. Et je ne suis ni juriste ni comptable, juste un développeur qui a dû démêler ce dossier pour sa propre boîte.

Faut-il vraiment un commissaire aux apports pour votre matériel ?

Passer du statut de micro-entrepreneur à la SASU paraît être la suite logique quand on facture depuis chez soi avec un ordinateur et deux écrans. Le hic arrive dès qu'on veut que la société possède ce matériel — Mac, écrans, siège de bureau — pour l'amortir proprement au lieu de le laisser traîner comme un actif fantôme.

Tout apport en nature déclenche en théorie l'intervention d'un commissaire aux apports (CAA), et rien que le mot fait déjà peur à un développeur habitué à cocher trois cases sur l'Urssaf. On imagine un expert en costume qui éplucherait les factures Amazon d'un œil noir : l'image est fausse la plupart du temps, mais elle colle.

Article du Code de commerce consulté sur Légifrance pour comprendre le commissaire aux apports en SASU

Les deux seuils qui dispensent une SASU de commissaire aux apports

La loi prévoit en fait une dispense, et c'est ce qui change tout pour un dossier de dev freelance. Une SASU peut se passer de commissaire aux apports si deux conditions tiennent en même temps : aucun apport en nature pris isolément ne dépasse 30 000 euros, et la valeur totale de tous les apports en nature reste sous 50% du capital social. Deux chiffres à retenir, pas trois pages de jurisprudence.

Un MacBook, deux écrans et une licence JetBrains restent loin, très loin, de ce plafond pour la quasi-totalité des devs qui montent leur boîte seuls. La marge de manœuvre est réelle : c'est vous, l'associé unique, qui fixez la valeur, à condition de rester raisonnable et de garder vos factures ou vos preuves d'achat au cas où on vous demanderait des comptes plus tard.

Si vous êtes encore en train de démêler tout ça, le pack SAS-SASU LE TOUT-EN-UN pose les choses à plat sans jargon de notaire — c'est ce qui m'a aidé à comprendre comment intégrer mon matériel actuel dans le capital sans y passer trois soirées de plus.

Notes manuscrites sur les seuils de dispense de commissaire aux apports pour un apport en nature en SASU

Chiffrer son propre matériel sans se tromper

Six ans de factures de matériel plus tard, ma règle est simple : je pars de la valeur de revente réelle, pas du prix payé neuf. Le marché de l'occasion donne une fourchette honnête pour un ordinateur, un écran ou une chaise de bureau, et cette fourchette tient largement la route face à un contrôle, tant qu'elle reste cohérente avec l'état du matériel et son âge.

Joris, un graphiste indépendant installé dans l'Orne qui m'a écrit après un fil LinkedIn, s'est posé exactement la même question pour sa tablette graphique et son deuxième écran de calibration — après avoir lui-même passé trois mois en micro-entreprise avant de sauter le pas. Sa réponse a fini par ressembler à la mienne : rester sous le seuil, documenter la valeur avec ce qu'il avait sous la main, captures d'écran d'annonces comparables essentiellement, et avancer sans attendre un rendez-vous de CAA qui n'était de toute façon pas obligatoire pour son cas.

Le piège du logiciel ou de la propriété intellectuelle apportée

Le matériel physique, c'est le plus simple à trancher. Le logiciel, beaucoup moins. J'avais développé un petit outil en interne que je voulais au départ faire entrer dans le capital de la société, et là, la logique du MacBook ne tient plus.

Un commissaire aux apports, même volontaire, peine à valoriser un actif immatériel sans historique de revenus. Donner un chiffre à du code qui n'a encore rien généré, c'est plus de la divination que de l'évaluation. Et sans CAA, c'est l'associé unique qui reste solidairement responsable de la valeur attribuée pendant cinq ans envers les tiers — pas une case à cocher à la légère.

Pour cet outil précis, j'ai fini par ne pas l'apporter au capital du tout. Je l'ai laissé en licence gratuite à la société le temps de voir si ça générait quoi que ce soit — une manière d'éviter une survalorisation qui aurait pu se retourner contre moi plus tard.

Ce qui ne s'est pas passé comme prévu

Tout n'a pas été fluide. Avant de tomber sur une explication qui tenait debout, j'ai passé des soirées à éplucher l'article du Code de commerce directement sur Légifrance, en me disant que la réponse allait forcément sauter aux yeux à un moment. Elle n'a jamais sauté. Le texte de loi pose la règle, il n'explique jamais comment l'appliquer à un MacBook et une chaise ergonomique.

Ce détour par Légifrance n'a servi à rien de concret, si ce n'est à me convaincre à tort que le commissaire aux apports était systématique. Yasmine, une consultante SEO croisée en coworking, m'a envoyé un lien vers un guide qui posait les seuils noir sur blanc, un soir, sans prévenir, sa manière habituelle de fonctionner, des liens d'articles balancés à n'importe quelle heure. Celui-là, au moins, tombait bien.

Boucler son dossier sans attendre le rapport du CAA

Le bureau, à cette période, avait cette allure typique du dev qui bosse depuis son salon : un plateau en bois pas verni sous les deux écrans, une trouvaille dont j'ai oublié l'origine, posé sous la fenêtre côté rue, les lattes des stores à moitié fermées le matin pour freiner le soleil. À gauche du clavier, les papiers s'empilaient dans le désordre : un brouillon de statuts, la version signée, le Kbis dès qu'il est arrivé, le récépissé de dépôt glissé sous le tas. Le café, lui, avait toujours le temps de refroidir avant que j'y touche.

Il y a bien eu ce moment où les épaules se sont crispées un peu en cherchant la bonne case « objet social » sur le formulaire du guichet unique — un détail qui semble anodin et qui prend dix minutes de plus que prévu à chaque fois. Les statuts ont fini par atterrir dans le classeur à soufflets, avec le reste du dossier : le premier truc qui ressemblait enfin à quelque chose de solide, pas à un énième brouillon.

Le commissaire aux apports n'est qu'une case parmi d'autres dans ce genre de dossier. Il reste la question de se payer soi-même comme président et du régime social qui va avec, le choix entre impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu, les frais d'immatriculation qui s'additionnent sans prévenir, le compte bancaire pro à ouvrir, la domiciliation du siège — chez soi ou ailleurs — et, pour ceux qui touchent l'ARE en parallèle, encore un calcul à part entière. Rien de tout ça ne se règle en même temps que l'apport en nature, mais tout ça patiente dans la même pile.

Contrairement à une SAS à plusieurs associés, pas de pacte d'associés à négocier ici — un des rares avantages d'être seul aux commandes. La rédaction des statuts, elle, reste le socle de tout : c'est là que l'apport en nature doit être décrit noir sur blanc, valeur et origine comprises, avant même de penser au capital social au sens large. Passer du régime de micro-entrepreneur à un vrai statut de société change la donne sur ce point précis — on ne bricole plus un document seul dans son coin sans que ça ait des conséquences. J'ai fini par comparer plusieurs plateformes de création de SASU en ligne avant de m'arrêter sur une méthode, et ça reste le meilleur réflexe pour qui n'a pas de formation en compta.

Un rapport de commissaire aux apports, si jamais vous en avez besoin, reste valable 6 mois avant l'immatriculation — ne le faites pas établir trop tôt, mais ne traînez pas non plus une fois qu'il est en main. Si votre dossier est simple, la dispense reste votre meilleure option, et le pack SAS-SASU LE TOUT-EN-UN est la ressource que j'aurais aimé avoir dès le premier soir passé à chercher un cabinet à Rouen.

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